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Téléexpertise et communication sécurisée entre praticiens

La téléexpertise pour les chirurgiens : cadre de l'avenant 9, messagerie sécurisée de santé (MSSanté), secret médical partagé et usages pertinents.

La téléexpertise permet à un professionnel de santé de solliciter à distance l'avis d'un confrère sur la situation d'un patient, sans que ce dernier soit présent. Généralisée depuis l'avenant 9 à la convention médicale, elle constitue un outil de coordination et de second recours utile au chirurgien, à condition de respecter son cadre : messagerie sécurisée, secret médical partagé et information du patient. Ce texte précise ce qu'est la téléexpertise, son cadre de rémunération, ses obligations techniques et ses usages pertinents.

Réponse rapide

  • La téléexpertise est un avis sollicité à distance auprès d'un confrère, en l'absence du patient.
  • Elle n'exige pas de vidéotransmission, contrairement à la téléconsultation.
  • Elle doit passer par une messagerie sécurisée de santé (MSSanté, Apicrypt ou plateforme équivalente).
  • Depuis l'avenant 9 (1er avril 2022), elle est ouverte à tous les patients et professionnels, prise en charge à 100 %.
  • Le médecin requis cote TE2, le requérant RQD ; plafond de 4 actes par an et par patient.

Ce qu'est (et n'est pas) la téléexpertise

La téléexpertise permet à un professionnel (le requérant) de solliciter à distance l'avis d'un médecin (le médecin requis) sur la situation d'un patient, en l'absence de ce patient. C'est un échange entre professionnels, pas une consultation à distance.

Deux distinctions importantes :

  • elle n'exige pas de vidéotransmission, contrairement à la téléconsultation : un avis argumenté peut être rendu sur la base d'éléments transmis (compte rendu, imagerie, photographies) ;
  • elle ne se confond pas avec la téléconsultation, qui suppose, elle, une relation directe médecin-patient à distance.

Le cadre depuis l'avenant 9

L'avenant 9 à la convention médicale, signé en septembre 2021 et entré en vigueur le 1er avril 2022, a généralisé la téléexpertise : elle est désormais ouverte à tous les patients, et tous les professionnels de santé peuvent la solliciter. Un seul niveau de rémunération s'applique.

Les modalités sont les suivantes :

  • le médecin requis cote TE2 (20 €, revalorisé à 23 € au 1er janvier 2026) ;
  • le requérant cote RQD (10 €) ;
  • la limite est de 4 actes par an et par patient ;
  • l'acte est pris en charge à 100 % par l'Assurance Maladie.

La convention médicale 2024-2029 précise par ailleurs que le médecin requis répond dans un délai maximal de 7 jours.

La messagerie sécurisée comme obligation

La téléexpertise doit faire l'objet d'un échange via une messagerie sécurisée de santé. Les outils admis sont notamment MSSanté, Apicrypt ou des plateformes sécurisées dédiées.

Cette exigence n'est pas une formalité : elle garantit la confidentialité des données échangées et la traçabilité de l'avis rendu. Les canaux non sécurisés (courriels personnels, SMS) sont à proscrire pour ce type d'échange clinique.

Intérêt pour un chirurgien

Pour un chirurgien, la téléexpertise présente plusieurs usages concrets :

  • obtenir un avis spécialisé sur un dossier complexe, sans déplacer le patient ;
  • jouer le rôle de second recours pour des confrères qui sollicitent son expertise ;
  • fluidifier l'adressage en clarifiant une indication avant d'organiser une consultation.

Elle prolonge naturellement la relation avec les médecins correspondants, en offrant un cadre rémunéré et sécurisé aux demandes d'avis.

→ Voir : Faciliter les échanges avec les médecins correspondants

Secret médical partagé et information du patient

La téléexpertise s'inscrit dans le cadre du secret médical partagé défini par l'article L.1110-4 du code de la santé publique. L'échange n'est possible qu'entre professionnels participant à la prise en charge, et ne porte que sur les informations strictement nécessaires.

Le patient est informé de cette démarche et peut s'y opposer. Le recours à une messagerie sécurisée matérialise par ailleurs le respect de la confidentialité exigée par ce cadre.

Cas pratique

Usage pertinent. Face à un dossier d'imagerie ambigu, un chirurgien sollicite via MSSanté l'avis d'un confrère spécialisé. L'avis, rendu sous quelques jours, oriente la décision sans imposer au patient un rendez-vous supplémentaire. L'acte est tracé, sécurisé et pris en charge.

Usage inadapté. Une demande d'avis est envoyée par courriel personnel, sans information du patient, pour une question qui aurait relevé d'une consultation directe. Le cadre de la téléexpertise n'est pas respecté : ni canal sécurisé, ni pertinence de l'acte.

Checklist mise en place de la téléexpertise

  • ☐ L'avis concerne un patient pris en charge, sollicité en son absence.
  • ☐ L'échange passe par une messagerie sécurisée (MSSanté, Apicrypt, plateforme dédiée).
  • ☐ Les cotations sont correctes : TE2 pour le requis, RQD pour le requérant.
  • ☐ Le plafond de 4 actes par an et par patient est respecté.
  • ☐ Le patient est informé et peut s'opposer (L.1110-4).
  • ☐ L'avis est rendu dans le délai conventionnel de 7 jours.

Utilisez-vous la téléexpertise pour coordonner les avis dans un cadre sécurisé ?

→ Voir aussi : Parcours patient et communication péri-opératoire · Faciliter les échanges avec les médecins correspondants · Automatiser les informations pratiques sans perdre le lien humain · Comment présenter son expertise chirurgicale en ligne

Sources

FAQ